Croisière plongée Similan, Koh Bon et Koh Tachai : itinéraire et sites majeurs

Auteur : Pauline & Hubert

Publié le : 07/02/2026


On embarque à Khao Lak pour une croisière de 14 plongées sur les îles Similan et Surin. Cette première partie de croisière dans le parc de Mu Ko Similan regroupe les classiques du secteur sud et central :

  • Honeymoon Bay pour se caler,
  • West of Eden avec ses blocs granitiques,
  • Elephant Head Rock pour le relief massif,
  • Donald Duck Bay en version nocturne,
  • puis Three Trees au lever du soleil,
  • avant la montée en intensité avec Koh Bon et Koh Tachai Pinnacle.

    Dans cet article, on passe site par site dans un format simple : localisation, mise à l’eau, relief, courant/visibilité, niveau requis, et faune observée. L’objectif est de partager notre retour d’expériences pour savoir à quoi s’attendre sur ce type de croisière.

Sommaire

Honeymoon Bay – check dive aux Similan

Le soleil est à peine levé quand on se met à l’eau à Honeymoon Bay, sur la côte est de l’île n°4 des Similan (Koh Miang), juste devant la petite plage de Haad-Lek. Ce n’est pas ici qu’on cherche l’adrénaline : c’est une check-dive. On vérifie le matériel, la flottabilité, les automatismes…
Le site est idéal pour ça et typique d’un récif de Similan abrité : un plateau peu profond vers 5–10 m, puis une pente régulière autour de 45° jusqu’à 25 m, où l’on rejoint un fond sableux. Nous on prend le site à rebrousse-poil : on saute du bateau et on s’immerge par 25m de profondeur sur le fond sableux. On remonte ensuite la pente doucement en direction de la plage pour trouver un récif.

Côté conditions, le courant est nul à faible, ce qui explique pourquoi Honeymoon Bay est souvent utilisée pour les plongées de contrôle ou comme mouillage nocturne. À noter quand même : autour de la pleine lune ou nouvelle lune, le courant peut se renforcer ponctuellement avec les marées.

Le relief est structuré par des bommies de corail dur, alignées globalement nord–sud, entrecoupées de rochers. Les coraux durs dominent, notamment les Acropora, avec quelques zones de coraux mous et d’anémones sur les patches rocheux. De belles Comatules de Schlegel ponctuent le décor.

Sur le sable, on prend le temps d’observer les anguilles jardinières très timides. Sur le récif, c’est le catalogue des Similan : poissons-papillons, anges, poissons-lions, perroquets et murènes Javanaises cachées dans les anfractuosités. Dans le bleu, un Tétrodon étoilé passe rapidement.
Une plongée simple qui met tout le monde dans le rythme sans pression inutile.

West of Eden – blocs granitiques et plongée dérivante

Changement d’ambiance dès la seconde plongée. West of Eden, sur la côte ouest de l’île n°7 (Koh Payu), se situe juste à l’ouest du très fréquenté East of Eden. Même secteur, mais nettement moins de monde et une topographie plus marquée.
Ici, on est sur une plongée récif + blocs granitiques, souvent réalisée en dérivante quand le courant s’installe. L’immersion se fait depuis le bateau, par descente libre, généralement entre 15 et 20 m, à proximité des premiers blocs. Le courant s’oriente le plus souvent sud → nord, indépendamment des marées, ce qui impose le sens de la plongée.
La plongée se situe surtout entre 10 et 30 m. Le site alterne deux ambiances très nettes :
– au sud, un jardin de corail dur, légèrement incliné, entre 8 et 12 m, particulièrement sain ;
– en progressant vers le nord, une succession de gros blocs granitiques formant failles, canyons et passages, dont les flancs profonds sont tapissés de gorgones géantes, de coraux mous et de spirographes.
La visibilité est excellente, environ 40m.

Mais West of Eden demande de l’attention : le site est classé intermédiaire à avancé. Le courant peut être modéré à fort, et surtout, il faut compter avec des thermoclines et des remontées d’eau froide. La température peut chuter brutalement de 28–30 °C à 23–24 °C, avec une baisse temporaire de visibilité et des mouvements verticaux d’eau. Rien de dangereux, mais une bonne maîtrise de la flottabilité est indispensable.

Des Carangues bleues passent tandis que nous cherchons les requins de récif dans le bleu. Ce ne sera as pour aujourd’hui, on se rabat sur tous les poissons cachés dans les coraux ! La faune est extrêmement riche : poissons anges à trois taches, Fusilier à dos jaune, Baliste boomerang, Chirurgien à poitrine blanche, Poisson ballon à points bleus. poissons papillons, poisson pincette…

Elephant Head Rock – pinacle engagé des Similan

Troisième immersion, 14 h. Direction Elephant Head Rock (Hin Pusa), l’un des sites les plus emblématiques des Similan. Situé à environ 1,5 km au large de l’île n° 8, Elephant Head Rock est le plus grand pinacle granitique des Similan. Le nom vient du gros rocher émergent en surface, qui ressemble effectivement à une tête d’éléphant vue de l’ouest.

La plongée est exposée au courant. Pas de mouillage fixe : mise à l’eau par descente libre, maintien du groupe dès le départ, avec un support visuel et une descente rapide pour éviter de ne trop dériver en surface. La profondeur moyenne tourne autour de 20–25 m, avec des zones qui descendent à 35–40 m. Le décor est spectaculaire : énormes blocs de granite, parfois larges de plus de 30m, empilés ou isolés, formant un véritable labyrinthe de tunnels, arches, cavernes et failles. Les parois centrales et orientales chutent franchement vers le bleu. La visibilité, d’environ 30 m, accentue encore la sensation d’espace… et de vide. Le courant est assez fort, avec des effets de cisaillement et de ressac entre les blocs.

En pleine eau, on croise des carangues bleues, barracudas, fusiliers.
Autour et sous les blocs se cachent langoustes, poulpes, balistes et murènes. Cette fois encore, les requins de récif (pointes blanches, pointes noires, parfois léopard) ne seront pas au rendez-vous. Mais il y a une très belle diversité de poissons récifaux !
Côté plus discret, on trouve des Concombres de mer épineux et une Mante de mer paon aux couleurs éclatantes.

La remontée se fait à l’écart du relief, avec parachute obligatoire.
Elephant Head Rock est une plongée assez physique, dominée par le relief et le courant, .

Balade à terre sur l’île Similan n°8 : Sail Rocks et faune terrestre

Entre les deux plongées d’Elephant Head Rock et de Donald Duck Bay, la pause à terre fait partie des moments calmes de la journée. De 15h30 à 16h30, débarquement sur l’île Similan n°8 pour une balade tranquille entre plage et sentier. Direction d’abord les Sail Rocks, ces énormes blocs de granite polis par l’érosion avant d’emprunter le Hin Rue Bai Nature Trail. Le sentier traverse une végétation dense dominée par de vieux Ficus microcarpa, dont les racines aériennes jonchent le sol. Côté faune, quelques Varans nébuleux se laissent observer sans trop se presser, pendant que les très reconnaissables Pigeons de Nicobar, noir métallisé et collerette blanche, circulent entre les arbres. Ça farfouille en canopée : à défaut de singes, deux écureuils font l’animation.

L’île Similan n°8 est reconnue pour son point de vue emblématique surplombant Donald Duck Bay. Depuis les rochers, la baie s’étale en contrebas : eau turquoise, sable blanc, et ces énormes blocs de granite. Avantage non négligeable de la croisière plongée : attendre le départ des bateaux à la journée pour débarquer. Résultat, une montée vers le point de vue en solo.

Dormir sur les îles n’est plus autorisé : les anciens bungalows et zones de camping des îles n°4 et n°8 ont été fermés pour limiter l’impact humain sur ces milieux fragiles. Le parc national a également réduit le nombre de visiteurs quotidiens, et certaines îles, comme Ko Tachai, restent fermées depuis plusieurs années pour laisser les écosystèmes se remettre. On savoure encore plus cette heure à terre, sans foule, avec l’impression d’avoir l’île (presque) pour nous seuls.

Donald Duck Bay – plongée nocturne abritée

Quatrième immersion à 18 h 30, mise à l’eau à Donald Duck Bay, pour une plongée de nuit sur l’île n°8 des îles Similan. Le site est situé sur la côte nord-ouest de Koh Similan, à l’intérieur d’une large baie bien protégée. C’est un mouillage classique des croisières plongée, utilisé aussi bien pour les plongées de fin de journée que pour les plongées nocturnes.

Donald Duck Bay, également appelée Ao Guerk, M16 ou Campbell’s Shoe Bay, est facilement identifiable grâce à un amas rocheux émergent dont la silhouette évoque la tête de Donald Duck, visible surtout depuis l’extérieur de la baie en regardant vers l’est. Le site est peu profond, abrité, et se prête particulièrement bien à la plongée de nuit, à la formation et au snorkeling.
La plongée se fait depuis le bateau, généralement mouillé à l’intérieur de la baie sur fond sableux. L’entrée et la sortie sont simples, souvent directement depuis l’arrière du bateau, sans dérive. Il est possible de plonger dans la baie, ou d’entrer/sortir par un chenal, lorsque le courant est faible. En cas de courant plus marqué, la plongée peut se transformer en dérivante à sens unique, mais cela reste peu fréquent grâce à la configuration protectrice de la baie.
Le site est globalement peu profond, avec une profondeur courante entre 5 et 15 m, mais certaines zones périphériques peuvent descendre jusqu’à 20 m, voire ponctuellement 30–40 m selon l’itinéraire choisi.
Le relief alterne entre une zone rocheuse peu profonde, composée de gros blocs granitiques, et des plages de sable plus profondes. Des patates de corail dur et mou, quelques gorgones et de petits swim-throughs complètent le décor.
La visibilité est généralement bonne, de l’ordre de 20 à 30 m, et reste stable de nuit grâce à l’absence de houle.
Donald Duck Bay est classé facile à intermédiaire, avec courant faible à nul dans la majorité des cas. Ces conditions en font un site idéal pour les plongées nocturnes, les plongeurs débutants, ou les plongées longues à faible consommation. La température de l’eau se situe généralement entre 27 et 29 °C.
De jour, la vie reste relativement classique pour les Similan : poissons récifaux, petits labres, balistes, raies pastenagues à points bleus, raies Jenkins, parfois raies aigles ou manta en passage large.
De nuit, le site prend tout son intérêt. Les zones sableuses deviennent des axes de chasse pour une multitude d’invertébrés : crevettes (nombreuses espèces), crabes décorateurs, langoustes épineuses, seiches, calmars et poulpes. Les murènes sortent activement des blocs, et les nudibranches sont fréquents.
Les tortues vertes et tortues imbriquées sont régulières, souvent observées au repos sous les rochers, parfois très peu profond. On observe aussi des poissons-perroquets endormis, enveloppés dans leur cocon de mucus, comportement typique à ne pas perturber. Plus rarement, un requin pointe blanche peut être vu en chasse dans les zones plus profondes.

Donald Duck Bay n’est pas le site le plus spectaculaire des Similan en plongée diurne, mais c’est un excellent site nocturne, calme, lisible et riche en petite faune. Relief simple, courant limité, forte activité d’invertébrés et conditions confortables en font une plongée idéale pour terminer la journée, observer le comportement nocturne des espèces et plonger longtemps, sans contrainte technique excessive.

Three Trees / Breakfast Bend – plongée longue et progressive

1ere plongée à 7h surThree Trees sur Similan island n°9 25m, 52min, attente de potentiels requins pointes noires.

Three Trees / Breakfast Bend – plongée longue et progressive sur la façade est des Similan

Première immersion à 7 h, mise à l’eau sur Three Trees, également appelé Breakfast Bend, sur l’île n°9 des îles Similan (Koh Bangu). Profil de la plongée : 52 minutes, profondeur maximale 25 m. Une plongée matinale calme et étendue, avec une attente marquée de requins pointes noires dans les zones peu profondes et une forte activité de poissons de passage.

1) Localisation et type de plongée
Three Trees s’étend le long de la côte est et nord-est de l’île 9, sur une portion de récif très longue, ce qui en fait l’un des sites les plus étendus du parc national. Le nom provient de trois grands arbres bien visibles au-dessus de la falaise, utilisés comme repère visuel depuis la mer.
Il s’agit d’une plongée sur récif en pente douce, souvent réalisée en dérivante, adaptée à un large éventail de niveaux.

2) Mise à l’eau et logistique
La plongée se fait depuis le bateau (liveaboard), généralement par bascule arrière, avec un départ dans une zone peu profonde. Le site étant long et exposé aux courants, le timing d’entrée est crucial : idéalement proche de l’étale. Les bateaux ne peuvent pas toujours déposer précisément sur les zones clés (bommies ou gros blocs), ce qui impose une navigation active dès le début de plongée.

3) Profondeur, relief et visibilité
Le récif démarre très peu profond, parfois dès 3–5 m, puis descend progressivement jusqu’à 18–20 m, avant de laisser place à de larges zones sableuses blanches. Plus au large, on trouve des blocs rocheux et patates de corail (bommies) qui plongent jusqu’à 28–30 m.
Le relief est très varié : coraux branchus, zones sableuses ouvertes, bommies isolées couvertes de coraux mous, gorgones, et formations emblématiques comme une énorme éponge tonneau, située au cœur d’un chenal où le courant peut s’accélérer.
La visibilité est généralement bonne, comprise entre 15 et 30 m, parfois plus, avec de possibles variations liées à des thermoclines.

4) Difficulté et courant
Le site est classé débutant à intermédiaire, mais avec une nuance importante : le courant peut être nul à fort. En conditions calmes, la plongée est très accessible. Lorsque le courant s’établit, Three Trees devient une plongée dérivante engageante, nécessitant une bonne gestion de la flottabilité et de l’orientation. La longueur du site permet toutefois d’adapter le profil à l’expérience du groupe.

5) Faune rencontrée
La diversité est l’un des points forts du site. Sur le récif peu profond : poissons-papillons, nombreux anges (empereur, masqué, régale, koran, pygmée), poissons-perroquets, serpents marins, tortues imbriquées, parfois requins pointes noires très près du bord.
Sur le sable et entre les bommies : anguilles jardinières, gobies, jawfish, nudibranches, murènes, poissons-crapauds, et crevettes nettoyeuses sur certaines stations.
Plus au large et dans le bleu : fusiliers, barracudas (avec parfois de grands bancs tournoyants), carangues, thons à dents de chien, raies aigles, et plus rarement raies manta. Des requins léopard et requins pointes blanches peuvent être observés au repos entre les blocs profonds.

6) En résumé
Three Trees / Breakfast Bend est une plongée longue, progressive et très complète, qui combine récif peu profond, zones sableuses, bommies riches et passages pélagiques. Accessible mais jamais monotone, elle offre une excellente lecture des écosystèmes des Similan et s’adapte aussi bien aux plongeurs en reprise qu’aux profils plus expérimentés cherchant dérive, grands bancs et diversité biologique.

Koh Bon – plongée murale exposée au nord des Similan

uis on navigue jusqu’à Koh Bon pendant le petit-déjeuner.

Bien qu’elles ne fassent pas techniquement partie des îles Similan, les îles de Koh Bon et Koh Tachai sont incluses dans la zone protégée du parc national marin des îles Similan. En fin de compte, elles m’ont offert mes plongées préférées de ma croisière de plongée en raison de leur topographie impressionnante : une cascade sous-marine à Koh Bon et des rochers en forme de pyramide couverts de grandes gorgones colorées à Koh Tachai.

10h : 2nde plongée à Koh Bon, 24m, 53min, courant fort, gros blocs de cailloux, thons, pas de raies mantas (mais on reviendra, voir dans notre prochain article sur les îles surins et le retour à khao Lak), on voit des barracudas.

Koh Bon – plongée murale exposée au nord des Similan

Koh Bon est situé dans le parc national Mu Ko Similan, à environ 20 km au nord-ouest de l’île Similan n°9. L’île est inhabitée, isolée, et se distingue nettement des îles Similan voisines par sa géologie calcaire, là où les Similan sont majoritairement granitiques. Cette différence se traduit sous l’eau par des structures murales abruptes et une topographie plus verticale.

10 h : deuxième plongée à Koh Bon. Profil net : 53 min, 24 m max, et un courant fort qui ne laisse pas beaucoup de place à l’hésitation. Koh Bon fait partie du parc national de Mu Ko Similan, à environ 20 km au nord-ouest de Similan n°9. Et dès la mise à l’eau, on sent que ce spot n’est pas là pour faire de la figuration : relief marqué, bleu profond tout autour, et une impression d’îlot isolé au milieu de la mer d’Andaman.

Type de plongée et accès
La plongée à Koh Bon se fait exclusivement depuis le bateau, en croisière ou sortie journée longue. Le site est classé avancé, principalement en raison des courants fréquents et du relief descendant rapidement en profondeur. Koh Bon se plonge depuis le bateau (croisière). Le site est classé avancé, surtout à cause des courants modérés à forts et d’un relief qui tombe vite. Aujourd’hui, c’était clairement une plongée “accrochage mental” : on avance en profitant des abris derrière les structures, on garde la palanquée compacte, et on surveille la dérive.
Il existe plusieurs zones de plongée autour de l’île, dont The Ridge (crête rocheuse) et un pinnacle plus au nord, mais l’accès principal se fait généralement par le mur sud et sud-est, qui offre un départ relativement protégé avant de rejoindre les parties plus exposées.

Relief et profondeur
Le périmètre immergé de Koh Bon se présente sous la forme d’une succession de sections murales. Ces parois descendent jusqu’à un récif frangeant situé vers 32 m, avant une chute marquée au-delà de 40 m, puis une pente sableuse plus douce.
Entre 30 et 40 m, on observe de très grandes éponges, des gorgones bien développées et une forte densité de coraux mous de type alcyonaires. Le mur est également tapissé d’anémones de mer, qui offrent un support important à la faune associée.
La profondeur moyenne de plongée se situe autour de 21 m, avec un maximum dépassant 40 m sur certaines portions.

La bordure de l’île présente une succession de sections de mur : on longe des petites parois qui descendent jusqu’à un récif frangeant vers 32 m, avant une cassure plus franche au-delà de 40 m et une pente sableuse plus douce. Dans les zones 30–40 m, on trouve des éponges massives et de belles gorgones, avec une couverture d’anémones et de gorgones/alcyonaires sur les parois. La plongée a gardé un profil raisonnable (max 24 m), mais le site donne clairement envie… tout en rappelant qu’ici, le fond peut “aspirer” les distraits.

Le périmètre immergé prend la forme d’une série de petites sections de mur qui descendent jusqu’à un récif frangeant vers 32 m, puis une cassure nette au-delà de 40 m, avant une pente sableuse. Sur cette plongée, on reste sur un profil raisonnable, mais on sent que le site autorise des incursions plus profondes — et qu’il vaut mieux garder une marge, surtout avec le courant.

Entre 30 et 40 m, les parois sont connues pour porter de grosses éponges et des gorgones, avec un mur souvent couvert d’anémones et de coraux mous de type alcyonaires. Même sans descendre à ces profondeurs, on voit déjà la structure : fissures, surplombs, et beaucoup de micro-refuges.

Conditions et visibilité
La visibilité est généralement comprise entre 15 et 30 m, avec des variations possibles selon le courant et les remontées d’eau plus froide. La visibilité annoncée sur Koh Bon tourne généralement entre 15 et 30 m, et c’est cohérent avec ce qu’on a eu : assez clair pour lire le relief, garder un œil sur le bleu et repérer les bancs de passage. Le courant fort a été le paramètre dominant : il transforme les changements de niveau et les contournements de blocs en petites décisions tactiques. Le spot alterne zones d’abri derrière les structures et secteurs plus exposés où ça pousse franchement.
Les courants sont modérés à forts, parfois soutenus sur les crêtes et les extrémités du mur. Ils conditionnent fortement l’itinéraire et la durée passée sur certaines zones. Une bonne gestion de la flottabilité et du positionnement est indispensable, notamment lors des changements de niveau.

Faune attendue
Koh Bon est réputé pour la densité et la diversité de sa vie marine.
Sur le mur et dans les failles, on observe régulièrement poulpes, seiches, murènes, poissons-scorpions, ainsi qu’une grande variété de crevettes nettoyeuses, visibles lors d’une observation attentive des surplombs et fissures.
La vie fixée est dominée par les éponges massives, gorgones, coraux mous multicolores et anémones, créant de nombreux micro-habitats.
Dans la colonne d’eau, le site accueille fréquemment des barracudas, thons, carangues, ainsi que d’autres poissons pélagiques attirés par la dynamique du courant. Des raies aigles et requins de récif peuvent également être rencontrés ponctuellement.

Dans la colonne d’eau : thons et barracudas. Ils apparaissent en déplacement, profitant clairement de la dynamique du site. Sur le relief, la plongée devient plus lente, plus attentive : les fissures peuvent abriter des poulpes et des seiches, et en regardant de près on repère des crevettes nettoyeuses dans les zones protégées.

Niveau requis et intérêt du site
Avec son mur vertical, ses courants réguliers, sa visibilité correcte à très bonne et sa faune variée, Koh Bon est considéré comme l’un des sites majeurs du nord des Similan. Il s’adresse en priorité à des plongeurs intermédiaires à confirmés, capables d’évoluer dans des conditions changeantes et de gérer la profondeur.
Le site combine efficacement relief spectaculaire, macro discrète et passages pélagiques, ce qui en fait une plongée complète et structurée, représentative de la plongée engagée en mer d’Andaman.

Koh Bon offre une plongée murale, exposée, avec courant modéré à fort, visibilité solide, et un bon mélange entre macro (poulpes, seiches, crevettes) et pélagique (thons, barracudas).
La réputation du site met forcément une idée en tête : les raies mantas. Sur cette plongée, aucune observation. Le relief et la vie marine compensent largement, mais la sortie de l’eau se termine avec une déception simple : la sensation d’être au bon endroit… sans que “la rencontre” se produise.

Koh Tachai Pinnacle – courant et forte densité de poissons

Navigation jusqu’à Koh Tachai

13 h 30 : troisième plongée à Koh Tachai. Profil : 52 minutes, 25 m max. Sur le briefing, on nous annonce un courant “surprise” : selon le moment et l’orientation, ça peut tourner au “paradis” ou à “l’enfer”. L’ambiance est donnée avant même la bascule arrière : ici, c’est le courant qui décide de l’itinéraire, de la vitesse de visite… et parfois du plaisir.

1) Localisation et type de plongée
Koh Tachai se situe dans le parc national de Mu Ko Similan, à environ 40 km au sud des îles Surin, sur une petite île inhabitée entre Similan et Surin. Le site phare est Koh Tachai Pinnacle, aussi appelé Twin Peaks ou The Dome : un ensemble de pinacles immergés, gros blocs et plateaux qui concentrent une vie marine dense quand le courant pousse la nourriture.

2) Mise à l’eau et logistique
Plongée depuis le bateau. On se met à l’eau en sachant qu’il faudra s’adapter : la direction de la spirale autour des rochers, le choix des abris, et la décision de rester sur le plateau ou de basculer vers les zones sableuses dépendent directement du courant du jour. Le site est classé intermédiaire à avancé.

3) Relief et profondeurs
Le pinacle sud devient massif vers 12 m : forme de dôme, entourée de gros rochers, avec la zone la plus profonde sur le côté sud (jusqu’à 45 m). Sur le côté ouest, on trouve de gros blocs et des passages sous-marins (swim-throughs, couloirs, chenaux). À l’est, des piles de petites roches portent des coraux durs et des fouets de mer (gorgones/alcyonaires). Au nord, les coraux mous multicolores et les grandes gorgones dominent. Le grand pinacle est relié à un plus petit par un patch sableux : transition nette, souvent utile pour se repositionner selon le courant.

4) Conditions : visibilité, courant, difficulté
Visibilité : 15 à 30 m en général. Profondeur moyenne : ~20 m, avec des zones au-delà de 40 m. Courant : modéré à fort, parfois changeant. Quand il se renforce, il apporte des nutriments et la vie se densifie autour des rochers, mais la plongée devient plus technique : placement, abris, et contrôle de la flottabilité deviennent prioritaires.

5) Vie marine : ce qu’on voit et ce qu’on peut espérer
Sur cette plongée, c’est très poissonneux. On observe de grosses carangues en pleine eau, et des scènes de bancs qui se structurent autour du relief. Tu notes aussi la présence d’hippocampes, typiquement repérables sur les zones plus protégées, proches des gorgones et des structures où l’on prend le temps de regarder.
Le site est réputé pour de grands bancs de barracudas, des fusiliers (notamment jaunes), des poissons-bannières, des napoléons, et la possibilité de croiser requins de récif (pointes blanches, nourrices). Sur les zones sableuses externes, des requins léopard sont régulièrement signalés. Plus au large, selon la saison et les conditions, le site est aussi cité pour des passages de raies manta et de requins-baleines.

Au final, cette séquence Similan → Koh Bon → Koh Tachai résume bien ce que la mer d’Andaman fait de mieux en croisière : une progression logique, des profils variés, et des sites où le relief conditionne tout — la navigation, la photo, et parfois même ton amour pour les paliers quand ça pousse un peu trop. Les Similan posent le décor avec des récifs lisibles et une géologie granitique unique, West of Eden et Elephant Head Rock ajoutent la dimension “architecture sous-marine”, Donald Duck Bay clôt la journée en mode nocturne confortable, et la bascule vers Koh Bon et Koh Tachai remet un cran de courant… donc un cran de vie.

Pour la suite, le bateau remonte vers le nord : îles Surin, Torinla Pinnacle, puis Richelieu Rock, le genre de site qui justifie à lui seul une alarme à 6h et trois immersions dans la même journée. Et si tu veux la vision globale (rythme à bord, budget, frais de parc, tableau complet des plongées), l’article “logistique” remet tout à plat avec une vue d’ensemble.

→ Article logistique de la croisière (rythme, budget, frais, tableau récap)

→ Seconde partie : îles Surin + Richelieu Rock + retour vers Khao Lak (avec Koh Bon et les mantas)

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