Après la première partie de la croisière sur les Similan, Koh Bon sans manta, puis Koh Tachai, le bateau met le cap vers le nord. Ce deuxième volet de la croisière se concentre sur les îles Surin, puis sur Richelieu Rock, avant un retour de nuit vers Koh Bon pour conclure l’aventure avec les deux dernières immersions. Et on croise toujours les doigts pour voir une raie manta !

Sommaire
- Des îles Surin à Richelieu Rock
- Les îles Surin
- Plongée de fin de journée à Surin
- Torinla Pinnacle
- Richelieu Rock
- Navigation de nuit vers Koh Bon
- Les deux dernières plongées à Koh Bon
- Pourquoi Koh Bon attire les raies manta
- Biologie et comportement de la raie manta
- FAQ – Croisière plongée en Thaïlande

Les îles Surin, un paradis marin
Les îles Surin forment un archipel protégé du nord de la mer d’Andaman, intégré au parc national de Mu Ko Surin. Cinq îles principales composent l’ensemble : Ko Surin Nuea et Ko Surin Tai, les deux plus grandes, accompagnées de Ko Ri, Ko Khai et Ko Klang.
Sur une croisière plongée, Surin joue souvent le rôle de transition naturelle entre les Similan et Richelieu Rock. On y fait étape pour passer la nuit dans une baie abritée. À terre, les îles sont peu aménagées, ce qui renforce cette impression de parc national sauvage.
En sortie à la journée, l’accès se fait généralement depuis Khao Lak ou Khura Buri, avec une traversée en speedboat d’environ 1h30, selon la mer. En croisière, on arrive souvent à l’aube ou en fin de journée, et on enchaîne directement les plongées.
On reste en mer d’Andaman : les conditions sont généralement favorables en saison sèche, et la visibilité est variable selon la productivité et le courant. Surin offre une respiration bienvenue avant la suite. En effet, le programme des jours suivants est sport : un pinnacle avec du courant… puis le mythique Richelieu Rock !




Plongée de fin de journée à Surin “n°4” dans un récif très vivant
En fin d’après-midi, mise à l’eau sur les récifs de l’île n°4. Le profil est confortable : 17 m maximum, 56 minutes sous l’eau. Le timing est calé sur le coucher du soleil : on s’immerge à 17h, sortie prévue un peu avant 18h, pour l’apéro ! Non, je plaisante, on ne boit pas -trop- entre les plongées, mesure de sécurité.
On saute depuis le bateau et, on descend sur le fond sableux à 17m de profondeur. Puis, on rejoint le récif que l’on garde sur notre droite, puis après le demi-tour, sur notre gauche, aussi simple que ça.

Pas de courant, une visibilité d’environ 30 mètres, la progression se fait le long du relief. C’est une plongée simple, qui permet de se poser, après les dernières agitées à Koh Bon et Koh Tachai.
La densité de vie est impressionnante parmi les coraux bien préservés. C’est une plongée où l’œil n’a pas le temps de s’ennuyer. Un Poisson ballon griffonné apparait, nageant calmement, parmi tout ce petit monde agité. Au retour, sur le sable, seuls les yeux d’une raie à points bleue apparaissent.
Une plongée de fin de journée comme on les aime : tranquille, mais riche, et suivie de l’option premium: dîner et nuit sur site, sans moteur !

Torinla Pinnacle, où le courant prend les commandes
Le lendemain, réveil à 7 h. Direction Torinla Pinnacle. Le ton change. Torinla est un pinnacle exposé, réservé aux plongeurs à l’aise. Le briefing est clair : il y aura du courant, il faudra composer avec.
La mise à l’eau se fait au plus près du relief, avec une descente assez directe à 22 mètres pour rejoindre rapidement une zone d’abri. Le relief est formé de gros blocs rocheux qui remontent depuis la profondeur sans percer la surface. Le courant crée des zones d’accélération et des poches plus calmes, où la vie se concentre.

On rencontre une belle diversité de poissons: poissons-clowns, murènes, poissons-anges… Des carangues Goutte d’Or et d’immenses bancs de fusiliers animent le bleu.
Torinla Pinnacle n’est pas une plongée “facile”, mais elle est un beau préambule en densité de poissons au prochain site qui nous attend…

Richelieu Rock : trois plongées sur une montagne sous-marine
Richelieu Rock est un pinnacle isolé situé au large, dans la partie nord de la mer d’Andaman, à l’est des îles Surin, au sein du parc national de Mu Ko Surin. Le nom est connu de tous. Richelieu Rock est régulièrement cité parmi les meilleurs sites de plongée de Thaïlande, et même d’Asie du Sud-Est.
Contrairement à la majorité des sites de la zone, il ne s’agit pas d’un récif frangeant lié à une île visible, mais d’une véritable montagne sous-marine, dont seul le sommet affleure parfois à marée basse.

Le relief est impressionnant par sa complexité. Le pinnacle, décrit une structure en fer à cheval. Il démarre très peu profond et descend progressivement vers 20 à 30 m. Éperons, replats, surplombs, zones sableuses, pentes couvertes de coraux mous : tout est là.
Sur cette croisière, nous y effectuons trois plongées successives à 10h, à 14h et à 17h, en descendant à chaque fois à 23m et en y restant plus de 50 min. On a le temps d’en prendre plein les yeux !

La couverture de coraux mous est l’un des marqueurs du site. Majoritairement pourpres, ils tapissent les flancs du relief, mêlés à de grandes gorgones.
Le courant est soutenu. Une bonne flottabilité et une lecture attentive du relief sont indispensables. Richelieu Rock n’est pas un site indulgent.

La vie marine y est exceptionnelle. Bancs massifs de carangues, barracudas en chasse, platax, lionfish, anémones et poissons-clowns à profusion. La macro est omniprésente : nudibranches, petits crustacés, gastéropodes.

Richelieu Rock est aussi connu pour la présence possible de requins-baleines, notamment entre janvier et avril. Ce jour-là, ce sont surtout les scènes de chasse et la densité de vie qui marquent nos esprits.

Les deux dernières plongées à Koh Bon : une rencontre qui change tout
Après Richelieu, le bateau navigue de nuit vers Koh Bon pour conclure la croisière. Le contraste est saisissant. La journée a déjà largement rempli le disque dur, et pourtant, on remet une pièce dans la machine.
Lors de notre première plongée à Koh Bon, le site avait tenu ses promesses côté courant, thons et barracudas… mais sans manta. Cette fois, le scénario est différent.
Le 16 février, deux dernières plongées. À 7 h du matin, honnêtement, je suis presque soulagée que ce soit la dernière fois que je me lève aussi tôt pour enfiler une combinaison. Même les poissons semblent encore endormis quand on s’immerge…

La première plongée est profonde, avec du courant. On progresse en restant proche du relief, en se calant derrière les rochers. Il y a du monde, plusieurs groupes, beaucoup de bulles.

Et puis soudain, la lumière disparaît. Une raie manta passe lentement au-dessus de nous, occultant le soleil. Hubert s’éloigne pour tenter des images, la consommation d’air s’accélère… Au bout de 38 minutes, nous remontons tous les deux.

Sur le bateau, Dany nous voit revenir seuls et s’inquiète. Hubert tente une blague : « le reste de l’équipe s’est fait manger par un gros poissons ». Dany ouvre des grands yeux ronds apeurés : « Quel type de poisson ? » Wahou, l’idée que ce soit possible, même si ce n’est pas le cas, nous remet à notre place… C’était pas la bonne blague…
La deuxième plongée se fait dans des conditions plus calmes. Je fais le choix rester un plus haut que la palanquée pour garder de l’air, en cas de retour des mantas. Et ça fonctionne. La manta passe cette fois entre 0 et 10m. Elle arrive droit devant moi, trajectoire stable, sans accélération. Je m’écarte légèrement. Elle passe. Le contact visuel est bref, mais direct. J’ai bien failli pleurer d’émotion dans mon masque.

Koh Bon est reconnu comme station de nettoyage pour les raies manta océaniques. Le courant y concentre le zooplancton, ressource alimentaire principale des mantas, et les poissons nettoyeurs attirent les individus de passage. Rien n’est jamais garanti, c’est ce qui rend la rencontre si forte.
Cette seconde partie de la croisière concentre tout ce que la plongée en mer d’Andaman peut offrir de plus intense : du courant, du relief, et des fabuleuses rencontres.
Cette croisière fut ma première et certainement pas ma dernière au vue de la fabuleuse expérience vécue ! Si vous aussi, vous avez envie de vivre cette aventure incroyable, un article dédié à l’organisation, la vie sur le bateau, est par ici. Et sinon, la prochaine est déjà réservée : on part aux Maldives pour plonger pendant 7 jours !

FAQ
Quel est le niveau requis pour plonger à Richelieu Rock ?
Richelieu Rock est considéré comme un site intermédiaire à avancé. La profondeur reste raisonnable (souvent entre 15 et 30 m), mais le courant peut être fort et changeant. Une bonne maîtrise de la flottabilité, une gestion correcte de la dérive et l’usage du parachute de palier sont indispensables. Les plongeurs moins expérimentés doivent impérativement être encadrés.
Quelle est la meilleure période pour plonger aux îles Surin et à Richelieu Rock ?
La saison de plongée se situe principalement entre novembre et avril, période correspondant à l’ouverture du parc marin. Les conditions les plus stables (visibilité et mer) sont généralement observées entre février et avril. Le parc est fermé chaque année de mi-mai à mi-octobre.
Les îles Surin sont-elles adaptées aux plongeurs moins expérimentés ?
Oui, certains sites autour des îles Surin sont plus abrités et plus accessibles que Richelieu Rock. Les plongées en baie ou sur récif frangeant offrent des profils plus progressifs, avec moins de courant, tout en restant très riches biologiquement. C’est souvent une bonne transition avant les pinnacles plus exposés.
Richelieu Rock vaut-il plusieurs plongées dans la même journée ?
Oui, clairement. Richelieu Rock fait partie des rares sites où enchaîner deux ou trois plongées est pertinent. Le relief, la lumière, le courant et l’activité des poissons varient suffisamment pour que chaque immersion soit différente. C’est aussi ce qui en fait un site emblématique des croisières plongée en mer d’Andaman.









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