On quitte Ranong à marée basse, direction Koh Phayam au large. Au programme : snorkeling, farniente sur les grandes plages de sable blanc et balade dans la mangrove à la recherche des calaos.
Sommaire
- Koh Phayam en Thaïlande : carte d’identité et ambiance de l’île
- Que faire à Koh Phayam ?
- Les plus belles plages de Ko Phayam
- Faune à Koh Phayam : calaos, macaques et roussettes
- Où dormir à Koh Phayam ?
- Où manger à Koh Phayam ?

Koh Phayam en Thaïlande : carte d’identité et ambiance de l’île
A Ranong, on grimpe dans le speedboat (350 bats/personne) amarré au milieu des bateaux de pêche et le capitaine jette les amarres. En quelques minutes, la mangrove s’éloigne et nous retrouvons les eaux bleues de la Mer d’Andaman. Quarante minutes plus tard, Koh Phayam apparaît, basse, verte et paisible. On débarque sur le ponton de la côte est, sur lequel préside deux grandes statues de calaos.

Le petit village est composé de quelques échoppes, dont des locations de scooter, indispensable pour pouvoir se déplacer facilement sur l’île. On en loue un, 900 baths pour trois jours. Mais on ne tient pas tous les deux sur l’assise avec nos gros sacs de backpackers. Hubert file donc déposer les bagages au PP Land Beach Eco Resort, notre hébergement pour les prochains jours, pendant que je fais un rapide tour du petit village : quelques épicerie et beaucoup d’agences d’organisation d’excursions.
Koh Phayam appartient à la province de Ranong, au large de la côte d’Andaman. L’île est petite — environ 10 km de long pour 5 km de large. Point notable, comme à Ko Libong, aucune voiture ne circule ici, on a donc le choix entre scooter, vélo, et la marche.
La petite route bitumée file dans le prolongement de la jetée. À 1,5 km, un croisement principal structure l’île : tout droit pour Ao Khao Kwai au nord, à gauche pour Ao Yai au sud. L’île présentant peu de relief, des pancartes indiquant les zones refuge en cas de tsunami sont régulièrement disposées le long des chemins.


Ces chemins goudronnés rappellent ceux de Ko Libong, mais ils sont nettement plus fréquentés par les touristes ! Cette île fut longtemps surnommé « l’île des initiés » : elle est resté préservée du tourisme de masse plus longtemps que ces sœurs de la Mer d’Andaman. La population composée de Thaïs, Mokens, les gitans des mers, et de quelques familles birmanes vivaient alors de la pêche et de la culture d’anacardiers pour l’export des noix de cajou. Mais maintenant la population de l’île vit avant tout du tourisme, contrairement à Ko Libong, encore préservée.
Koh Phayam a longtemps attiré une clientèle plutôt routard/hippie, en quête d’une île sans grosses infrastructures. Aujourd’hui, il y a plus de monde en haute saison, et beaucoup de locaux montent leur commerce “à la maison” : petit resto, mini-épicerie, massages, location de scooter… pour profiter de l’économie apportée par le tourisme.


Que faire à Koh Phayam ?
Paresser sur une plage
L’un des intérêts premiers de Koh Phaym est de se prélasser et se baigner sur les nombreuses plages qui bordent l’île. Koh Phayam donne envie de ralentir. Entre longues étendues de plage de sable fine et criques isolées, on a l’embarras du choix. Les longues plages laissent de la place, même en saison touristique. Les journées s’organisent autour de la chaleur : baignade tôt, sieste à l’ombre, retour dans l’eau quand l’air devient plus doux.
La grande plage de Ao Yai est parfaite pour ça : une immense bande de sable clair, des palmiers, et une lumière douce en fin d’après-midi. Ao Kwanpeeb, au nord, est plus intime. Sur la côte est, près des hébergements, l’ambiance est plus calme encore : lever de soleil et mer plate, à l’abri de la houle.

Faire du snorkeling
Le snorkeling autour de l’île de Koh Phayam n’est pas très intéressant : coraux blanchis et pêche intensive ont eu raison de la beauté des fonds marins.
La mer est chaude, mais la visibilité peut être médiocre, surtout près des plages. Vers le Hippie Bar côté ouest, l’eau est restée trouble avec moins de cinq mètres de visibilité. Quelques coraux, des poissons-perroquets et des demoiselles, mais rien de spectaculaire.
À Ao Kwanpeeb, au nord, un relief rocheux permet de se balader plus facilement à marée basse. Fusiliers, girelles, poissons-papillons apparaissent parfois, mais beaucoup de coraux sont abîmés.
Il est néanmoins possible de partir en excursion non loin de là, sur les îles Similan et Surin, pour découvrir des paysages sous-marins absolument extraordinaires.

Faire un massage thaï
On teste le massage thaï, institution traditionnelle en Thaïlande. La séaance est en plein air, sous un toit de chaume. Quelques rideaux apportent un peu d’intimité. Les messages peuvent avoir lieu deux par deux, nous sommes donc installés sur deux tables en bois couvertes d’une fine couche de mousse bien tassée, côte à côte. Ma masseuse détecte vite ma sensibilité à la sciatique, alors que je ne suis pas en crise. Elle travaille sur ce point, je fais quelques grimaces, et tourne la tête pour voir ce que subis Hubert… Sa masseuse est debout sur son dos, elle lui marche dessus ! Elle a beau être fine comme une brindille, il n’est pas non plus avare de grimaces ! Je ne l’avais pas prévenu que le massage thaï était remodelant en profondeur, contrairement à ceux que nous pouvons faire en France, plutôt doux. Il va m’en vouloir pendant quelques jours… Mais pas tant que ça, puisque nous réitérerons l’expérience la semaine prochaine à Khao Sok avant d’embarquer sur le bateau de plongée.
Visiter le village Moken
Les Moken sont un peuple austronésien présent entre la côte thaïlandaise et l’archipel Mergui (Myanmar), historiquement lié à une vie semi-nomade tournée vers la mer, aujourd’hui fortement fragilisée par les frontières, la sédentarisation, et la pression économique.
Sur l’île, la communauté s’est sédentarisé dans des maisons sur pilotis dans une baie à l’ouest de l’île. Le pont pour y accéder est si étroit que deux scooters ne s’y croisent pas.
Les locaux s’occupent de leur vie quotidienne : les hommes réparent les filets, les femmes discutent entre elles tandis que d’autres s’affairent dans les cabanes. Les grandes sœurs bercent les plus petits, pendant que quelque enfants nous proposent des bracelets. La visite du village impose la retenue et une attitude décente, ce n’est pas un safari humain.
Autour du village, il est possible de faire quelques pas dans les cultures d’anacardiers, et de gouter une délicieuse pomme cajou.


Découvrir un temple bouddhiste
Côté religion, le bouddhisme est majoritaire. Sur l’île, Wat Ko Phayam est l’unique temple, reconnaissable à son bâtiment blanc dominant la mer, côté est. Non loin de là, un magnifique Bouddha en haut d’un escalier semble observer le rivage et protéger avec beaucoup de bienveillance ses habitants. Un lieu qui se prête parfaitement à un doux moment d’introspection ou de méditation. Les quelques moines de l’île vivent tout près, vous ne serez donc pas surpris de voir sur votre passage quelques robes oranges sécher au gré du vent.


Profiter de l’happy hour au coucher du soleil
Le soir, la lumière décline doucement sur la côte ouest. Les bars se remplissent, les bateaux de pêche au calamar allument leurs lampes vertes au large. Ca donne un effet “aurores boréales version Andaman”. C’est l’heure de se prélasser et de commander un bon smoothie ananas/passion, ou un mojito, et d’admirer le coucher de soleil.

Les plus belles plages de Koh Phayam
La côte est, calme et lever de soleil
Notre premier spot, c’est le PP Land Beach Eco Resort, côté est. On y accède par un petit sentier d’environ 500 m qui longe la côte. Des jolis bungalows sont tous tournés vers la mer. L’atmosphère est paisible tout particulièrement au lever du soleil qui apparait au-dessus du continent.
Ao Kwanpeeb, au nord
L’ambiance y est très paisible. La baie est foulée par les seuls curieux qui prendront la peine d’explorer l’île jusqu’à sa pointe nord. À marée basse, la pointe rocheuse donne envie de se jeter à l’eau : snorkeling accessible, eau chaude… mais la visibilité est décevante et les coraux blanchis sont par endroits. C’est malheureusement un grand classique des récifs proches du rivage dans beaucoup de zones tropicales soumises au réchauffement et aux pressions de pêche et de surtourisme.
Ao Yai, grande plage du sud-ouest
On descend ensuite vers Ao Yai, longue plage de sable fin côté sud-ouest, connue pour ses couchers de soleil. Certains voyageurs parlent de vagues sympas pour surfer par moments. Nous, on y va surtout pour se poser sous les palmiers aux heures les plus chaudes. Quelques bungalow et restaurants ponctuent la plage.

Hin Talu, plages mangrove
Il y a aussi cette plage plus “mangrove” sur la route du village Moken. Elle prend une teinte rosée car son sable est mélangé à des fragments de coquillages. Des arches rocheuses sont le point d’attraction principal. Une légende locale prétend qu’un baiser sous l’une des arches garantit un amour éternel. Mais pour nous, c’est surtout l’occasion d’observer quelques crabes et limicoles.

Faune à Koh Phayam : calaos, macaques et roussettes
Koh Phayam n’est pas une île spectaculaire pour ses fonds marins, mais elle reste intéressante à observer au-dessus de la surface. La mosaïque de plages, de mangrove et de petits boisements crée un terrain favorable à une faune discrète mais bien présente.
Les calaos sont sans doute les plus emblématiques de l’île. On les voit près des hébergements, autour des bars de plage, dans les arbres proches du village. Le calao pie oriental fréquente volontiers ces milieux semi-ouverts. Il se nourrit de fruits, d’insectes et parfois de petits animaux. Leur vol lourd et bruyant tranche avec le calme de la fin de journée. À plusieurs reprises, un couple s’est posé près du Hippie Bar, je pense qu’ils y sont nourris.

Les macaques crabiers apparaissent surtout en lisière de forêt et près des habitations. Sur Koh Phayam, ils semblent habitués à la présence humaine. L’un d’eux jouait les équilibristes sur un toit en tôle, parfaitement à l’aise.

À la tombée du jour, les roussettes prennent le relais. Elles quittent les arbres en groupe et traversent le ciel encore rosé en direction de zones fruitières. Leur silhouette ample et silencieuse passe au-dessus des plages pendant que les derniers baigneurs quittent l’eau.
Dans les zones de mangrove et sur les plages découvertes à marée basse, la vie se concentre dans les détails. Les crabes sortent de leurs terriers pendant que les limicoles arpentent la vase en quête de vers et de petits crustacés.
Koh Phayam offre donc une biodiversité modeste mais accessible, sans effort particulier. Il suffit de marcher tôt le matin ou en fin de journée, de lever les yeux vers la canopée ou de regarder le sable avec un peu d’attention.

Où dormir à Koh Phayam ?
Au PP Land Beach Eco Resort, les jolis bungalows font directement face à la mer. On y accède par un petit sentier caché. La plage est donc très peu fréquentée, c’est l’endroit idéal où se reposer et profiter de magnifiques levers de soleil sur la mer. De plus, son exposition à l’est fait qu’elle nest protégée de la houle, la mer est donc plate et très calme.
Le Barefoot Project, à l’ouest, induit un petit changement d’ambiance. Les chambres disséminées dans la végétation restent toutes très proches de la plage (moins de 2 minutes à pied). Les restaurants et bars des plages à l’ouest sont donc facilement accessibles, on vous recommande cet hébergement si vous souhaitez une séjour avec un peu plus d’animation.
Honnêtement, on a changé d’hébergement parce que le premier était complet (en haute saison, mieux vaut réserver à l’avance). Mais l’île est petite : pas besoin de changer d’hôtel pour la visiter, surtout si avec un scooter.

Où manger à Koh Phayam ?
Knock Knock Knock Restaurant : Les tables éclectiques sont disposées directement dans le sable. On s’installe donc sur des chaises en plastique un peu bancales face au coucher de soleil. Smoothies ananas-gingembre-citron, passion… parfait.
On commande une soupe citronnelle épicée au tofu et un plat crevettes/noix de cajou locales. Attente : 1h30 d’attente. Nos voisins marseillais font un scandale et partent. Nous, on reste parce qu’on a faim…
Ils inversent crevettes et tofu, mais c’est la nourriture est très bonne. Total : 490 bahts. On vous le recommande parce qu’au niveau temps d’attente, c’est guère mieux ailleurs…


Ta Yai Restaurant, là aussi, plus d’une heure avant de voir arriver les assiettes. Ma salade de papaye et mes légumes tempura (champignons, carottes, maïs, haricots) sont très bons. Le curry d’Hubert un peu trop pimenté, mais on se régale.
Sur l’île, tout le monde a ouvert un resto, une épicerie, un salon de massage… parce qu’il y a beaucoup de touristes, et que la haute saison fait vivre. Mais l’organisation ne suit pas toujours.
Et on garde le meilleur pour la fin : le Hippy Bar
C’est un bar construit en bois flotté, avec des coursives qui mènent à de petites tables plus ou moins cachées, face à la mer. Un endroit très beau, original, et franchement réussi. On y revient plusieurs fois : cocktails, spring rolls, curry… Les cocktails et les plats sont très bons et le cadre est magique.

Le séjour à Koh Phayam prend fin. Le jour du départ, Hubert me dépose à l’embarcadère avec les sacs, retourne chercher le reste. On remonte dans le speedboat, direction Ranong. L’île s’efface, et on retrouve le continent, ses odeurs et son agitation. Cette fois, on prend la direction de la côte un peu plus au sud, direction Khao Lak !


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