Des îles au continent : arrivée à Khao Sok
Retour sur le continent et route vers la jungle
Après Koh Lanta, Koh Libong et Koh Ngai, nous quittons le rythme des îles pour rejoindre le continent, direction Khao Sok. On passe seulement par l’embarcadère de Phuket pour descendre du speedboat et monter dans un taxi (réservé via l’application Bolt). Pendant les 150km qui nous sépare de notre destination, l’air change : la mer est derrière nous, et la végétation reprend le dessus.

Premières impressions face aux falaises karstiques
En approchant de Khao Sok, les reliefs se resserrent. Les falaises calcaires montent haut, très haut, et la jungle s’accroche partout. La brume enveloppe la jungle. Les falaises disparaissent puis les sommets réapparaissent doucement, d’abord les pointes, puis les parois. Au petit déjeuner, quelques oiseaux chantent, mais c’est une grenouille qui donne le tempo. Et soudain, des vocalises presque humaines sortent de la végétation : les gibbons se répondent depuis les falaises. Le son est flûté, puissant, lointain. On espère en voir.

Le soir, on improvise une marche de nuit le long de la rivière, près du bungalow. Un petit crapaud traverse le chemin, une cicadelle se laisse approcher. Les grenouilles, elles, font le concert complet.
Situer Khao Sok en Thaïlande
Où se trouve Khao Sok ?
Khao Sok, c’est un grand bloc de forêt tropicale humide du sud de la Thaïlande, dans la province de Surat Thani. Le parc national couvre une vaste zone, mais pour les voyageurs il faut retenir deux secteurs principaux :
- la zone « village de Khao Sok », qui consiste en 2 rues où toutes les activités se concentrent : restaurants, bars, location de scooters, épiceries, organisation des activités et centre des visiteurs pour entrer dans le parc national de Khao Sok.
- la zone du lac Cheow Lan (réservoir du barrage de Ratchaprapha), plus à l’est, avec les pitons calcaires qui sortent de l’eau. Pour s’y rendre, de nombreux mini-bus partent du village chaque matin.
Comment rejoindre Khao Sok (bus, minivan, route)
En pratique, on arrive souvent à Khao Sok via la route 401 (axe Surat Thani ↔ Takua Pa/Phang Nga). Les bus et minivans déposent les passagers sur la route principale à 1,5 km du centre du village. Pour les plus courageux, on peut rejoindre son hébergement à pied, ou prendre un taxi qi l’on est trop chargé.
Depuis Koh Ngai, nous avons réservé un speedboat sur 12GO (50€/personne), puis un taxi privé avec Bolt (40€ le trajet). Tout s’est parfaitement enchainé, car nous avions prévu 1h de battement à l’embarcadère de Phuket. C’est finalement le taxi qui nous a attendu 15minutes à cause du retard du speedboat. Prévoyez donc large. Il faut ensuite compter 2h45 de route (150 km) pour relier Phuket à Khao Sok.

Reliefs karstiques, jungle et climat tropical
Ce qui frappe tout de suite, ce sont les reliefs calcaires. On est dans des paysages karstiques : falaises abruptes, pitons, grottes, parois verticales qui dominent la canopée. La forêt s’accroche aux moindres replats, et la lumière varie sans arrêt selon l’heure et la brume.
Côté sols, on est en climat tropical humide : altération intense, sols souvent argileux, et une végétation qui pousse vite dès qu’elle trouve un peu de place.

Histoire du parc national et création du lac
Le parc national de Khao Sok a été créé en 1980. Le lac Cheow Lan est un réservoir né de la construction du barrage de Ratchaprapha dans les années 1980 : une vallée a été noyée, laissant apparaître aujourd’hui un paysage très particulier de pitons calcaires au milieu de l’eau.

Le village de Khao Sok
Ambiance du village et organisation touristique
Khao Sok, côté voyageurs, c’est un village-rue : quelques restaurants, des agences d’excursions, des hébergements, des supérettes, et beaucoup de navettes. Le matin, c’est calme. Et puis, vers 8h30, les minibus commencent leur ballet. Plus tard, les canoës s’alignent sur la rivière, et l’activité devient continue.

Des macaques crabiers jouent sur les berges. On s’approche pour les photos, mais… j’ai un sac plastique avec des bananes et une mangue. Trois macaques s’intéressent à nous, puis à mon sac, puis à mon sac uniquement. Je tente la stratégie “je montre les dents et je me grandis”. Aucun effet. J’attrape un petit bâton et je le lance à côté : le macaque s’énerve, me montre toutes ses dents, et ne bouge pas d’un centimètre.

Hubert planque vite le sac plastique dans son sac à dos et s’éloigne. Je reste face au trio, comme je peux. Ils finissent par se lasser. On a eu chaud. De l’autre côté, le reste du groupe joue dans les bambous. Un peu plus loin, une femme tient un sac plastique vide pendant que trois macaques se disputent son pitaya. Elle a perdu la manche.

Où manger à Khao Sok ?
On vit surtout au rythme des currys, des soupes de nouilles, des rotis et des smoothies. On vous recommande particulièrement :
- Nongsaw Thai Food : pas cher, très copieux et très bon. Le combo riz/curry est à 80 baths/personne. Le service est rapide : on passe devant la vitrine où plusieurs currys mijotent, on choisit directement la sauce que l’on veut (elle sont classés de la moins à la plus épicée), et on repart avec son assiette.
- Woodland Whispers : Les plats sont très bons et les tarifs raisonnables. Leur point fort : le rooftop où l’on peut s’allonger en buvant un cocktail pendant l’happy hour.
Où dormir à Khao Sok : lodges, camping et hôtels
On a testé plusieurs ambiances, voici notre classement des hébergements, du moins recommandé au meilleur, selon nous :
- Le camping Khaosok August Freedom Camp au bord de la rivière, à 5min à pied du centre du village (25€ la nuit en « bungalow »). Le camping est composé d’une soixantaine de tentes alignées derrière une quinzaine de bungalows en première ligne. Il y a donc des passages constants devant les bungalows. L’ambiance est très jeune et festive. Les conversations se prolongent tard, parfois très tard, et l’état des sanitaires n’incite pas à s’y attarder. Le petit déjeuner est servi face à al rivière, dans laquelle il est possible de se baigner.
Petite anecdote : 3h du matin, une explosion sourde me réveille. Encore une, puis une autre. J’hésite, je réveille Hubert pour être sûre de ne pas rêver. Il marmonne que ce sont des feux d’artifice. Le son n’y ressemble pas vraiment. Je pars faire quelques pas en dehors du camping. Je fais attention où je pose les pieds, et là, un bruit beaucoup plus grave retentit à quelques dizaines de mètres de moi, depuis la jungle. Un barrissement. Les éléphants sont là, tout près. Des chiens aboient au loin. Les explosions continuent par intermittence. Je rentre au camping sans demander mon reste. - The Camper Lodge Khao Sok (22€/chambre avec sdb), à 25 km, soit une demi-heure de route de la ville et de l’entrée du parc national de Khao Sok. Le lodge est constitué d’une dizaine de conteneurs aménagés en chambre. Les lits sont tête-bêche, l’ensemble est propre, pratique… mais pas franchement silencieux. Il est situé juste à côté d’une rivière, au pied d’une falaise karstique, où des gibbons peuvent -parfois- être observés. J’ai fait le pied de grue une paire d’heures pour tenter de les voir, ce fut un échec…
Le restaurant est plutôt bon, mais les smoothies sont très aqueux. Le lodge est éloigné du village, on est donc dépendants du restaurant et de la navette gratuite qui fait un aller-retour matin et soir au village.

- Tree Tops River Huts (50€/chambre double avec sdb) : Un hôtel aux portes du parc, tout en étant à 3min à pied du centre du village : terrasse directement sur la rivière, broméliacées dans le jardin, grenouilles en continu. Les chambres sont simples et propres, petite piscine à disposition et le personnel est adorable. Très bon rapport qualité/prix.
- Our Jungle Camp – Eco Resort (100€/cabane): L’hébergement est à 5 minutes à pied du centre du village et de l’entrée du parc national. Notre cabane dans la jungle, avec tout le confort nécessaire, donne directement sur la rivière. Au gré d’une baignade, deux loutres viennent jouer avec nous. Un grand potager sur place, où poussent choux, courges, haricots, alimente le restaurant de l’hôtel. Des parterres de fleurs et d’hibiscus alternent avec les cultures, ambiance permaculture. De bon matin, la tour d’observation, qui sert surtout de support au réservoir d’eau de l’hôtel, permet de voir quelques oiseaux.

Visiter le parc national de Khao Sok National Park
Horaires d’ouverture et prix d’entrée
Le parc national de Khao Sok est accessible toute l’année. L’entrée principale côté village fonctionne en journée, avec une ouverture généralement comprise entre 8 h et 9 h, et une fermeture autour de 17h à 18h. Les marches nocturnes se font uniquement avec un guide et dans des créneaux encadrés.
Le prix d’entrée officiel pour les visiteurs étrangers est indiqué à 300 bahts par adulte (tarif national standard pour de nombreux parcs thaïlandais). Le billet permet d’accéder aux sentiers balisés autour de l’entrée principale, à la rivière, ainsi qu’aux zones de baignade autorisées.


Faut-il un guide pour visiter Khao Sok ?
Oui… et non.
Sur les sentiers proches de l’entrée principale, il est possible de marcher sans guide, à condition que les conditions le permettent. En revanche, la présence d’éléphants change complètement la donne.
Lors de notre premier passage, les éléphants étaient signalés à proximité. C’est une période sensible, car des femelles accompagnées de jeunes peuvent se montrer agressives. Dans ce cas, un guide devient obligatoire, et l’accès libre est temporairement restreint.
Ce jour-là, aucun guide n’était disponible en milieu de matinée. Nous avons dû repartir et revenir plus tard.
Randonnée guidée : éléphants et sécurité
En début d’après-midi, nous avons trouvé un guide local, surnommé King Kong. Casquette vissée sur la tête et bottes en caoutchouc aux pieds, il nous a intégrés à un petit groupe international. Le tarif annoncé était de 300 bahts par personne pour le guide, en plus du billet d’entrée.
Dès les premiers mètres, la jungle s’impose. À l’entrée du parc, un serpent est immobile près du sentier. Plus loin, des lézards détalent à notre approche. King Kong nous explique l’usage et les propriétés de différents bambous, puis nous descendons vers la rivière.

Très vite, nous tombons sur des excréments d’éléphants encore frais. Le guide adapte le rythme et reste attentif à chaque bruit suspect.
Un arbre impressionnant domine le sentier. King Kong nous parle d’un géant vieux de plusieurs siècles, haut de plusieurs dizaines de mètres. Nous frappons le tronc : les vibrations basses alors émises étaient un moyen de communication dans cette forêt dense.


Sentiers accessibles sans guide
Lorsque les éléphants se sont éloignés plus profondément dans la jungle, nous avons pu entrer seuls dans le parc. Nous avons acheté nos billets à l’entrée et pénétré dans le parc dès 9 h, afin de profiter de la fraîcheur relative du matin.
Les sentiers sont larges, bien tracés, et longent par endroits la rivière. Après environ 6 km, on atteint un point de rassemblement avec une petite épicerie et un abri servant de base aux guides. Au-delà, la progression sans guide n’est plus autorisée.
C’est déjà largement suffisant pour passer plusieurs heures dans la jungle, se baigner, observer la faune et prendre le temps.

Faune de Khao Sok : gibbons, macaques et semnopithèques
La rencontre la plus marquante a lieu un peu plus loin. Un groupe d’une dizaine de semnopithèques obscurs s’est installé dans un arbre pour se nourrir. Ils ont de grands yeux cerclés de blanc, donnant l’impression qu’ils portent des lunettes. Leurs mouvements sont calmes, précis.
Un bébé à la robe orange vif est accroché à sa mère. Avec ses grands yeux noirs, il ressemble à une peluche vivante, totalement absorbée par le monde qui l’entoure.

Un gros mâle Macaque crabier traverse ensuite le sentier en utilisant un bambou comme passerelle. King Kong nous fait signe de détourner le regard. Il défend son groupe, et mieux vaut ne pas le provoquer.
Tout au long de la marche, les gibbons se font entendre. Leurs chants flûtés résonnent dans la jungle, donnant une dimension presque irréelle à l’ensemble. Nous ne les verrons pas, mais leur présence sonore enchante la jungle.




Reptiles, oiseaux et vie autour de la rivière
Au retour, les calaos s’agitent dans la canopée, difficiles à suivre à l’œil nu. Un Crotel de Wagner, jaune et noir, a déjà commencé sa nuit dans les feuillages. Les oiseaux sont nombreux, mais souvent discrets, masqués par l’épaisseur du feuillage.


Lors de notre visite sans guide, nous passons plusieurs heures près de la rivière. L’eau est fraîche, autour de 25°C, idéale pour se baigner pendant les heures les plus chaudes. Nous observons poissons, libellules, papillons, et restons longtemps immobiles sur les rochers.
Soudain, une tête massive sort de l’eau à quelques mètres de nous. Un varan, imposant. Il nous observe brièvement, sort sa langue pour capter les odeurs, puis remonte tranquillement la rivière.

Se baigner dans la rivière du parc national
La baignade est autorisée à certains endroits du parc, notamment près des zones fréquentées et balisées.
Nous trouvons un bras de la rivière en amont, bordé de roches plates. Nous y passons une bonne partie de la journée, alternant baignades, observation et photographie. En fin d’après-midi, alors que la lumière baisse, nous observons longuement des langurs extrêmement discrets. Ils se déplacent lentement, presque invisibles, et disparaissent au moindre bruit. Nous restons immobiles près de 45 minutes, simplement à les regarder vivre.

Le parc ferme à 18 h. En quittant les lieux, nous croisons les groupes qui s’apprêtent à entrer pour la marche nocturne, encadrée par des guides. Depuis le pont marquant la limite du parc, nous observons encore une tortue et de gros poissons dans l’eau sombre.

Pourquoi visiter Khao Sok ?
Khao Sok s’adresse avant tout aux voyageurs qui cherchent une immersion en jungle tropicale, avec une faune bien présente mais souvent discrète. C’est un lieu idéal pour marcher lentement, observer, écouter, et accepter que la forêt décide du programme.
On y vient pour les randonnées en milieu forestier, la rivière, les sons de la jungle et les rencontres naturalistes parfois furtives. Khao Sok n’est pas un zoo à ciel ouvert : il demande du temps, de la patience et une certaine humilité face au vivant.


Conseils pratiques pour visiter Khao Sok
Meilleure période pour visiter Khao Sok
Khao Sok peut se visiter toute l’année, mais le climat reste très humide. La saison dite “sèche”, généralement de décembre à avril, offre des conditions plus confortables pour la randonnée, avec des sentiers moins glissants. La saison des pluies, de mai à novembre, rend la jungle plus exubérante, mais complique certains accès.
Combien de jours prévoir
Pour vraiment profiter de la région, 3 jours constituent un minimum raisonnable :
- 1 jour pour le parc national Khao Sok,
- 1 jour pour le lac Cheow Lan,
- 1 jour pour Khlong Phanom ou une ballade en scooter.
Budget, entrées et excursions
Les coûts à prévoir incluent :
- l’entrée du parc national (entre 200 et 300 bahts selon les zones et les mises à jour),
- les éventuels guides (environ 300 bahts par personne pour une randonnée guidée),
- les excursions sur le lac Cheow Lan, dont les tarifs varient fortement selon la durée, le prestataire et le caractère privé ou non de la sortie.
Il est conseillé de demander précisément ce qui est inclus avant de payer.

Sécurité, animaux et comportement à adopter
Khao Sok est un milieu sauvage. La faune est bien présente, même si elle se montre souvent discrète. Quelques règles simples s’imposent :
- ne jamais nourrir les animaux,
- éviter les sacs plastiques visibles,
- rester attentif aux consignes à l’entrée du parc, notamment en cas de présence d’éléphants,
- ne pas s’éloigner des sentiers autorisés sans guide.

Aux alentours de Khao Sok : Lac Cheow Lan et le parc national de Khlong Phanom
Après ces journées passées dans la jungle de Khao Sok, une autre facette de la région s’offre à ceux qui souhaitent prolonger l’expérience. Le lac Cheow Lan et le parc national de Khlong Phanom proposent des paysages et des rythmes très différents, entre excursion sur l’eau et randonnée forestière en dehors des sentiers touristiques. Nous revenons en détail sur ces deux sites dans l’article dédié ici.

Après Khao Sok : direction Ranong et Koh Phayam
Nous quittons Khao Sok en laissant derrière nous la rivière, les falaises, la jungle et ses bruits permanents. La route nous mène vers Ranong, puis vers Koh Phayam. Le décor va encore changer, mais Khao Sok laisse une impression durable : celle d’un lieu où la jungle impose son rythme, malgré un tourisme grandissant.


FAQ
Combien de jours prévoir à Khao Sok ?
Idéalement 2 à 3 jours pour combiner parc national, rivière et lac Cheow Lan.
Faut-il un guide pour visiter le parc national de Khao Sok ?
Non pour les sentiers proches de l’entrée, sauf en cas de présence d’éléphants. Un guide est alors obligatoire.
Peut-on se baigner dans la rivière de Khao Sok ?
Oui, dans certaines zones autorisées près des sentiers, en restant attentif au courant et à la faune.
Le lac Cheow Lan vaut-il le détour ?
Oui pour les paysages karstiques, mais il faut y aller avec des attentes réalistes concernant l’observation de la faune.





Laisser un commentaire