Montagne jaune et Montagne rouge, plage festive et plage sauvage

Auteur : Pauline & Hubert

Publié le : 08/01/2026


Après cette jolie plongée entre raies et barracudas, avec les dauphins en cerise sur le gâteau, on continue notre tour de l’île à l’est de la pointe, par le village balnéaire de Las Galletas et les Montagnes jaune et rouge.

Las Galletas et sa Montagne jaune

Las Galletas, ville balnéaire typique

Las Galletas se situe sur la côte sud de Tenerife, dans une zone longtemps marquée par l’agriculture avant de connaître un développement résidentiel et touristique progressif. Ici, les bananeraies occupent encore une place centrale dans le paysage. Elles structurent l’arrière-pays et rappellent que l’économie locale ne s’est pas construite uniquement autour du tourisme.

Le contraste est frappant : cultures intensives, zones portuaires modestes, urbanisation diffuse et espaces naturels volcaniques cohabitent sur quelques kilomètres de côte. Cette juxtaposition explique en partie l’intérêt de ce secteur, moins lisse que d’autres zones du sud de l’île.

Las Galletas est également un point de départ logistique pour de nombreuses activités marines, grâce à son petit port, utilisé à la fois par des pêcheurs artisanaux, des plaisanciers et plusieurs structures de plongée.

Montaña Amarilla : une péninsule volcanique façonnée par l’érosion

Montaña Amarilla est une péninsule basse constituée principalement de tufs volcaniques et de dépôts pyroclastiques issus d’éruptions hydromagmatiques. Ces éruptions résultent de la rencontre entre le magma et l’eau de mer ou des nappes phréatiques, produisant des matériaux fragmentés, moins denses que les coulées basaltiques classiques.
Cette nature géologique explique la fragilité relative de la roche, facilement sculptée par l’érosion marine et le vent. Le littoral est ainsi découpé en arches naturelles, cavités, tunnels et plateformes rocheuses, visibles aussi bien à terre que sous l’eau.

Lecture géologique du site

La Montaña Amarilla permet une lecture très pédagogique des processus volcaniques et érosifs :

  • stratification des dépôts pyroclastiques,
  • traces d’effondrements localisés,
  • abrasion marine active sur les fronts exposés,
  • formation de micro-habitats rocheux.

Ce type de roche impose également une certaine prudence à pied : les arêtes sont parfois friables et les plateformes peuvent devenir glissantes avec l’humidité ou les embruns.

Activités à la Montagne jaune, entre terre et mer

Snorkeling à la Montaña Amarilla

Le snorkeling est l’activité la plus accessible à Montaña Amarilla. Les mises à l’eau se font directement depuis la côte, par mer calme. Une petite plage est aménagée dans les rochers et deux échelles permettent d’accéder à l’océan assez facilement. Les fonds alternent zones sableuses et structures volcaniques, ce qui favorise une bonne diversité d’espèces.

Plongée bouteille

Montaña Amarilla est également utilisée pour des plongées d’exploration peu profondes et pour des plongées de formation. La topographie sous-marine, variée mais accessible, s’y prête bien. Les arches et cavités permettent un travail intéressant sur l’orientation, la flottabilité et l’observation naturaliste.

Plusieurs centres de plongée basés à Las Galletas proposent des sorties sur ce secteur, soit depuis la côte, soit à courte distance en bateau, selon les conditions météorologiques et le niveau des plongeurs. Nous y avons choisi le centre de plongée La Morena, tenu par Sandrine qui nous a amené plongé à Palm Mar. Pour découvrir cette sorte, c’est dans cet article, par ici.

Balades littorales

À terre, des sentiers informels longent la péninsule et permettent de parcourir l’ensemble du site. Ces balades offrent des points de vue dégagés sur l’océan et sur la structure volcanique. Elles sont courtes, mais intéressantes pour comprendre la morphologie du littoral.

Faune marine sous la Montagne jaune

Les reliefs sous-marins créent des jeux d’ombre et de lumière, ainsi que de nombreux refuges pour la faune. La visibilité est généralement correcte, en particulier lorsque la houle est faible et que les vents dominants sont absents.

Sous l’eau, se révèlent des formations volcaniques sculptées par l’érosion marine : arches, tunnels et cavités dans une eau translucide, digne d’un aquarium. La Montaña Amarilla héberge une faune typique des fonds volcaniques peu profonds de Tenerife.

On observe de nombreux juvéniles : jeunes poissons-perroquets, demoiselles bleues et petites girelles paons. Des groupes d’Oblades évoluent en bancs lâches, tandis que de grands groupes de Bogues (Boops boops, pour la blague) traversent la zone.

Les saupes (Sarpa salpa), poissons herbivores grégaires, forment des bancs parfois importants. Elles jouent un rôle écologique majeur en contrôlant le développement des algues sur les substrats rocheux, contribuant à l’équilibre des écosystèmes littoraux.

Des seiches (Sepia officinalis) y sont régulièrement observées. Leur capacité de camouflage repose sur un système complexe de chromatophores, leur permettant de modifier couleur, texture et contraste en quelques fractions de seconde. Ce comportement est particulièrement visible dans les zones rocheuses aux couleurs contrastées.

Montaña Roja, un cône volcanique emblématique du sud-est

Montaña Roja est un cône volcanique de scories basaltiques situé près d’El Médano. Il est classé réserve naturelle spéciale, en raison de son intérêt géologique, paysager et écologique.
Sa couleur rouge caractéristique provient de l’oxydation des minéraux riches en fer contenus dans les projections volcaniques. Le site est relativement récent à l’échelle géologique et offre une lecture claire de la construction d’un cône strombolien.

Randonnée et paysages

Un sentier balisé permet de faire le tour du cône. La randonnée est accessible et ne présente pas de difficulté technique particulière. Depuis les points hauts, la vue s’étend sur le littoral, les plages d’El Médano et, par temps clair, sur les reliefs plus lointains du sud de l’île.

Milieux intertidaux et observation naturaliste

À marée basse, les plateformes rocheuses autour de Montaña Roja se couvrent de vasques intertidales. Ces micro-habitats accueillent une faune discrète mais riche.
Les blennies atlantiques y sont fréquemment observées. Ces petits poissons territoriaux utilisent les vasques comme refuges temporaires, en attendant la remontée de l’eau. Leur comportement est intéressant à observer : immobiles, parfaitement camouflées, elles exploitent le moindre recoin rocheux.
Ces zones sont également riches en invertébrés (crustacés, gastéropodes), essentiels au fonctionnement des chaînes alimentaires littorales.

Plages, usages et temporalités

Les plages situées autour de Montaña Roja sont vastes et exposées. Elles sont très fréquentées en journée, notamment par les kite-surfeurs lorsque les conditions de vent sont favorables. Certaines zones sont historiquement fréquentées par des pratiquants du naturisme.

En fin de journée, l’ambiance change nettement. La fréquentation diminue, le site retrouve un caractère plus paisible, propice à la marche, à l’observation et à la photographie de paysage.

El Medano, son marché et ses restaurants

Marché local et continuité agricole

Le marché couvert, organisé le dimanche, constitue un élément structurant de la vie locale. On y trouve une large gamme de produits agricoles : papayes, goyaves, avocats, mangues, ainsi que des productions transformées.
Les prix y sont encadrés, ce qui garantit un accès relativement équitable aux produits locaux. Ce marché illustre la continuité entre l’arrière-pays agricole et la zone littorale, encore bien présente dans ce secteur du sud de Tenerife.

Tables locales et culture gastronomique

On vous conseille particulièrement 3 restaurants sur Tenerife, et il y en a deux à El Medano :

  • la Taverne La Gula : Elle est reconnue pour son travail autour des fromages canariens. Le propriétaire, formé à Lons-le-Saunier, applique des méthodes rigoureuses de sélection et d’affinage. La carte met en avant des produits locaux, avec une place importante accordée aux charcuteries et aux fromages. Le biscocho, pain sec traditionnel de l’archipel, fait partie des spécialités proposées. Il accompagne souvent fromages et plats simples, dans une logique de cuisine ancrée dans les usages locaux.
  • Pour des options végétariennes, le restaurant Naife, un peu plus loin, est une magnifique alternative : aubergines feta pignons de pins, poireaux au barbecue… L’établissement propose une cuisine végétale travaillée, intégrée dans le tissu local sans rupture avec les produits de saison.
    Des légumes vraiment cuisinés, avec raffinement, un régal !

Ce secteur du sud de Tenerife permet d’aborder plusieurs dimensions de l’île sans multiplier les déplacements :

  • géologie volcanique lisible, à terre comme sous l’eau,
  • écosystèmes marins accessibles, adaptés au snorkeling et à la plongée peu profonde,
  • milieux intertidaux riches, intéressants pour l’observation naturaliste,
  • ancrage agricole et culturel encore présent, à travers les marchés et la gastronomie.

Mais pour continuer notre périple, on remonte un peu plus au nord dans les villages de pêcheurs d’Abades et Tajao, pour quelques balades sur terre et dans l’eau et encore un bon resto ! L’article est par ici !

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